Dans le domaine des médias, il est devenu difficile de se soucier seulement des technologies utilisées, de la nature des contenus ou encore de celle des contenants. Car l’évolution de la Société de l’Information donne à penser que c’est bien un nouvel Espace Public qui voit le jour sous nos yeux et que cet enjeu va bien au delà de la simple gouvernance de l’Internet puisqu’il affecte la gouvernance même de nos sociétés, locales, nationales régionales ou globale ainsi que la relation entre ses acteurs, du citoyen en tant que personne humaine jusqu’à l’Autorité Publique.
Il n’est pas sûr pour autant que les entités qui un rôle prépondérant dans cette évolution - géants de l’Internet ou de la téléphonie - se reconnaissent une Responsabilité à la hauteur de leur fonction réelle. En tout cas, il semble qu’aucun effort ne puisse être négligé pour réfléchir au cadre éthique des Inforoutes et tenter de faire valoir la responsabilité singulière qui pèse maintenant sur ceux que l’on nomme les Opérateurs.
Bridge Initiative s’est engagée depuis plusieurs années sur ce terrain-là (réunions plénières de Bridge Initiative depuis 2001, Réunion de Londres (2005) sur « Médias et Mondialisation », Séminaires Multimédias de Ouagadougou et de Rabat (2007, avec Sofrecom/Orange et CFI). Et ce faisant, nous avons pu constater combien il pouvait être fructueux d’associer dans la même démarche ce travail politique « multi-acteurs » et un travail pratique coopératif entre partenaires autour des nouveaux médias.
La société civile a un rôle actif à jouer pour faire valoir la notion de « responsabilité morale, sociale et culturelle »
OBJECTIFS
Nous croyons, avec d’autres, que la société civile a un rôle actif à jouer pour faire valoir la notion de « responsabilité morale, sociale et culturelle » autour de ce nouvel espace public , ce qui pourrait conduire à une charte déontologique ou à des obligations positives thématiques en rapport avec le bien être social. Les crises parallèles (climatique, énergétique, alimentaire, financière puis économique et sociale) ont d’une certaine manière créé un contexte favorable car l’idée même d’une fonction régulatrice possible par la communauté internationale vient prendre le pas sur la seule loi du marché et ont également fait avancer le concept de bien commun de l’humanité. Pour faire en sorte que le nouvel espace public soit perçu comme tel et non comme un espace privatisé, cette notion de responsabilité peut agir comme un levier.
Pour maintenir la nature publique de ce nouvel espace, il n'y a actuellement aucune régulation qui serve de référence et aucune réflexion sur la base de laquelle des organismes internationaux ou nationaux pourraient la concevoir. Dans cette optique, il s’agirait de mettre en place un cadre éthique, mais aussi de créer certaines obligations “positives” sur les contenus afin que ceux-ci ne se réduisent pas uniquement à des jeux, des divertissements, du sport, mais traitent également de problématiques sociales, environnementales, etc. BI souhaite encourager les nouveaux opérateurs et d’autres acteurs comme les Institutions Internationales, les gouvernements, les médias traditionnels et la société civile à mener ensemble une réflexion sur les dangers des nouveaux modèles de communications médias et de favoriser la diffusion de contenus plus diversifiés.
CALENDRIER ET ACTIVITÉS
Par des conférences, des séminaires et des articles dans la Presse, BI favorisera la prise de conscience sur cette problématique et promouvra l'idée que, dans une façon semblable "à la responsabilité environnementale et sociale", la sphère publique profiterait "d'une responsabilité morale et sociale" des nouveaux opérateurs. En 2009, BII convoquera une réunion construite autour d'un tel ordre du jour.
PARTNENAIRES
Afin de créer les conditions d’une Responsabilité Morale et Sociale des nouveauxc opérateurs, les partenaires principaux du projet seront en premier lieu les organisations qui travaillent autour de la responsabilité Sociale et Environnementales des entreprises et sur les Biens Publics. Il s’agira de bénéficier de l’expertise de ces dernières afin de jeter les bases d’un nouveau cadre éthique de diffusion des nouveaux contenus dans ce nouvel espace public.